Janvier 2026

Restauration en VR

La Cinémathèque suisse ressuscite un film immersif oublié depuis de 1963
Une bobine de 694 mètres, un format d’image circulaire en « donut » et quatre pistes sonores magnétiques disposées de chaque côté des perforations : la restauration de Nacht ohne Ende (La Nuit sans fin, 1963) n’est pas une restauration comme les autres. Découverte...
Confié par le collectionneur privé Magnus Rindisbacher à la Cinémathèque suisse, Nacht ohne Ende est un court-métrage expérimental signé Adalbert Baltes, réalisateur et inventeur du procédé immersif Cinetarium. Projeté dans les années 60 à Hambourg dans une salle circulaire imaginée par Baltes, Nacht ohne Ende fut l’unique film conçu pour ce procédé à 360 degrés qui avait été présenté 5 ans plus tôt au Photokina de Cologne.
« C’était un procédé complexe à mettre en œuvre, explique Nicolas Ricordel, responsable du département Conservation, restauration et numérisation des collections à la Cinémathèque suisse, mais aussi un format ne bénéficiant intrinsèquement pas d’une définition adaptée pour les grandes salles. »
Ainsi, la bobine confiée à la Cinémathèque suisse se présente sous la forme de copie d’exploitation 35 mm, comportant quatre pistes magnétiques. Un support aussi rare que fragile : « la bobine était atteinte du syndrome du vinaigre, légèrement gondolée, avec une perte d’élasticité, détaille Nicolas Ricordel. La seule copie existante, la seule matrice possible pour tout le travail à entreprendre. »
Passage au Director de Nacht ohne Ende. Overscan 5K de la pellicule 35 mm...
Un développement Lasergraphics unique
Pour numériser cette galette atypique de 25 minutes, les équipes de la Cinémathèque ont dû adapter leur scanner principal. « Le Lasergraphics Director est conçu pour stabiliser l’image à partir des perforations, précise Nicolas Ricordel. Mais les perforations du Cinetarium étaient identiques à celles du CinemaScope (4 perfs de largeur réduite, presque carrées, pour laisser de la place aux 4 pistes magnétiques, Ndlr), pour un ratio image de 1:1. À notre demande, Lasergraphics a développé un nouveau module logiciel pour reconnaître ces perforations. » Une version spéciale du logiciel a donc été livrée à Penthaz, permettant le bon déroulement de la numérisation en overscan en 5K. Le résultat fut un flux DPX d’images « circulaires », sorte de « donut » central : « Travailler sur une image ronde, c’est assez déroutant pour les opérateurs », sourit Ricordel. « Notre restauratrice Isabel Da Silva a dû effectuer les corrections manuelles dans Diamant, et en amont, nous avons limité les traitements automatiques aux zones utiles de l’image, c’est-à-dire sur la partie en forme de donut. »
Focus sur les perfos modifiées et les 4...
...pistes magnétiques du support 35 mm.

Restauration polyphonique
Si l’image présentait ses défis, le son du film relevait de la véritable archéologie technique. Chacune des quatre pistes magnétiques, disposées de chaque côté des perforations, correspondait à une direction de l’espace : nord, sud, est, ouest. « C’était une spatialisation avant l’heure », souligne Nicolas Ricordel. Pour en extraire le contenu, la Cinémathèque a fait appel au laboratoire Cinévolution à Mons, en Belgique. « Chez Cinévolution, Jean-Pierre Verscheure a utilisé son défileur Fougerolle (en photo ci-contre), le seul capable de lire les quatre pistes magnétiques en simultané et de faire défiler des bobines de cette longueur. Il a par ailleurs dû régler les têtes de lecture à la volée, ajuster l’azimuth en temps réel, etc. » Les quatre flux audio Wav (PCM 48 Khz 24 bit) ainsi capturés ont été confiés au studio son interne de la Cinémathèque, où l’ingénieur du son Salah Labidi a procédé à une restauration fine sous Pro Tools Ultimate et iZotope RX : réduction de souffle, suppression des clics, correction des saturations. « Nous devions obtenir un son plus nettoyé qu'habituellement, car en casque VR, les artefacts sont beaucoup moins supportables qu'en salle », précise Nicolas Ricordel.

De la bobine au casque VR
Compte tenu de la nature même de Nacht ohne Ende, la restauration n’a pas été pensée pour un retour sur pellicule. Le procédé immersif d’origine, aussi singulier que complexe, suppose en effet une chaîne de projection spécifique aujourd’hui introuvable : faute de projecteurs ad hoc et d’un environnement de diffusion capable de recréer le dispositif du Cinetarium, le retour du travail a été orienté vers une restitution numérique. Le film a ainsi été restauré pour être visualisé en réalité virtuelle, au moyen d’un casque VR, seul support permettant de retrouver l’expérience à 360° imaginée en 1963.

De l'image brute originale de l'unique copie d'exploitation...
... à l'image restaurée par la Cinémathèque suisse et reconstruite pour la VR par Cineric (New York). 

Pour ce faire, la Cinémathèque a fait appel au laboratoire Cineric (New York), spécialisé dans la reconstitution numérique. « Ils ont recréé l’image sphérique à partir du « donut » scanné (bien sûr restauré et étalonné) et fourni un fichier MKV lisible dans un casque VR », indique Nicolas Ricordel. « Désormais, on peut se déplacer dans l’image, voir ce qui se passe autour de soi et entendre les sons selon leur direction d’origine. » Une fois équipé, le spectateur se retrouve plongé dans le Hambourg des années 1960, au centre de l’action, dans une ambiance de polar…

Une restauration expérimentale plutôt qu’un programme officiel
Le film n’appartenant pas aux collections de la Cinémathèque, le projet a été mené « plutôt au titre de la prouesse technique suite à l'expérience que nous avions acquise lors de la restauration de films au procédé Swissorama. C’était un dépôt temporaire, explique Nicolas Ricordel. Le collectionneur souhaitait récupérer sa copie après les travaux. Nous l’avons fait en tant que centre de compétences techniques, comme un laboratoire d’expérimentation. »
Aujourd’hui, le fichier restauré est également conservé dans les infrastructures numériques de la Cinémathèque, mais sa diffusion reste limitée : « Les droits sont incertains, précise Nicolas Ricordel. Le collectionneur est certes détenteur du support ; le réalisateur est décédé, et sa descendance demeure introuvable. » Bref, des aspects légaux qui ne facilitent pas la visibilité de l’œuvre. Quelques extraits peuvent néanmoins être projetés lors de conférences ou de festivals techniques, où des projections VR collectives ont déjà été testées.
Travailler sur Nacht ohne Ende, c’était autant redonner vie à une curiosité technique qu’à un rêve de cinéma total. « C’est un projet inattendu, mais passionnant, résume Nicolas Ricordel. Nous avions une image ronde, un son polyphonique, et un support dégradé. Mais au final, nous avons recréé un monde disparu témoin des balbutiements du cinéma immersif. »

Le concept Cinetarium
Le projecteur, positionné en bas au centre projette l'image sur une sphère miroir suspendue, laquelle reflète le faisceau sur le mur circulaire d'une salle sphérique. S'il n'a été développé qu'un cinéma expérimental de fortune, le procédé proposait un certain effet visuel. Selon les spécialistes, la projection comportait des erreurs et des distorsions d’imagerie qui n’ont pas pu être résolues techniquement.

Création numérique

Parlons de vos projets au PIDS Enghien !
Au côté des solutions d'archivage et infrastructures SAN signées Quantum, et en complément de ses solutions de production & postproduction, Magic Hour élargit son offre et propose aujourd’hui ses configurations matérielles haut de gamme spécialement dédiées à la création VFX/CGI. 
À l’occasion du Paris Images Digital Summit 2026, le festival des effets spéciaux, rencontrons-nous sur notre stand Magic Hour / Quantum au Centre des arts d’Enghien-les-Bains durant toute la durée de l'événement, et échangeons sur vos projets et vos attentes.

Plus qu'un lieu de rencontres et d'échanges, le PIDS, c'est aussi les Digital Creation Genie Awards, cérémonie qui chaque année récompense l'excellence de la création numérique.

Résolution & perception

De la pelicule au pixel : jusqu'où voit réellement l'oeil humain ?

La course aux pixels promet toujours plus de netteté, de finesse… Mais notre œil suit-il vraiment ? Une étude réalisée par des chercheurs de l'Université de Cambridge fait le point sur ce que nous pouvons percevoir. En ce début d’année, croisons pellicule, numérique, usages professionnels et domestiques, et relativisons sur la « bonne » résolution...

Outre la course à la technologie, l’augmentation continue des résolutions d’image pose une question de fond : ces pixels supplémentaires sont-ils réellement perçus par le spectateur ? Entre les capacités impressionnantes de la pellicule argentique, la performance des supports de diffusion pro et domestiques et les limites biologiques de la vision humaine, la réponse dépendrait étroitement du contexte d’usage…
Une étude menée par l’Université de Cambridge et Meta Reality Labs, publiée dans Nature Communications, a apporté une mesure expérimentale à cette question. Les chercheurs ont évalué la limite de résolution de l’œil humain en pixels par degré (PPD), une unité qui relie directement la résolution affichée au champ de vision réel du spectateur.
Les résultats montrent que l’œil humain peut distinguer jusqu’à environ 94 PPD (100 pour les plus performants d'entre-nous, sans doute des professionnels de l'image...) pour des images en luminance (noir et blanc), environ 89 PPD pour certaines couleurs (rouge et vert), et seulement 53 PPD pour d’autres combinaisons chromatiques. Au-delà de ces seuils, augmenter la résolution n’apporte aucun gain perceptible. Cette approche est plus pertinente que la simple résolution native d’un écran, car elle dépend aussi de la distance de visionnage et de la taille de l’image.

Limites de résolution prévues pour les tailles d’écran et les distances de visionnage courantes. Le graphique ci-dessous montre quelle résolution vos yeux sont réellement capables de percevoir en fonction de différentes tailles d’écran et des distances de visionnage. Chaque cellule colorée représente une résolution d’écran qui dépasse déjà les capacités visuelles de 95 % des personnes pour chaque combinaison de taille d’écran et de distance. Augmenter la résolution au-delà de ce seuil ne rendrait pas l’image plus nette. (Source : Computer Laboratory, University of Cambridge, Rafał Mantiuk)

Usages pros : quand la très haute résolution est indispensable
Dans les environnements professionnels, la question dépasse largement la perception du spectateur. En restauration de films, scanner en 6K, 8K ou davantage comme avec le Lasergraphic Director avec son option jusqu’à 13.5K, permet de capturer un maximum d’informations pour la stabilisation, la correction du grain, la suppression de défauts et les traitements image avancés, dont les grands formats. Même si la diffusion finale se fait en 4K, le sur-échantillonnage améliore la qualité du résultat.
En salle de cinéma, notamment sur des écrans très grands formats la distance spectateur-écran fait mécaniquement baisser le PPD. Dans ces conditions, des résolutions supérieures à 4K peuvent devenir perceptibles, ce qui explique l’intérêt confidentiel mais persistant pour le format 70 mm et plus spectaculairement de l'Imax.
Enfin, vient l’archivage patrimonial, lequel repose sur une logique de long terme, « future-proof ». Alors qu’il est impossible de prédire les formats de diffusion futurs, numériser aujourd’hui à la résolution maximale exploitable permet d’éviter toute perte irréversible et préserver le patrimoine audiovisuel au sens large.

Le Computer Laboratory de l'Université de Cambridge met à disposition de tous son calculateur de résolution perceptible par l'œil humain. Il permet de déterminer les dimensions géométriques d’un écran et sa résolution. Celle-ci est exprimée en pixels par degré, une unité qui correspond à l’image projetée sur la rétine. 

À la maison : la limite est vite atteinte
Toujours selon les résultats de la fameuse étude britannique, dans un salon standard, avec une distance de visionnage comprise entre deux et trois mètres, les calculs basés sur les PPD montrent qu’un écran 4K atteint déjà la limite perceptible de l’œil pour des tailles courantes. Passer au 8K n’apporte généralement aucun bénéfice visible, contrairement à une amélioration du contraste ou de la qualité de la source.
Vous l’aurez compris, les travaux de Cambridge confirment une réalité bien connue des professionnels : la résolution n’est qu’un paramètre parmi d’autres. Le contraste, la dynamique, la cadence, la stabilité de l’image et l’absence d’artefacts influencent souvent davantage la sensation de netteté que le nombre de pixels.
Ainsi, pour les professionnels, la (très) haute résolution reste une valeur fondamentale pour la restauration et la conservation, et dans une moindre mesure, pour la projection en salles. Quant à l'usage domestique, celle-ci semble davantage prendre les traits d'un miroir aux alouettes, le 4K représentant un plafond perceptif dans la configuration de la majorité des foyers. En définitive, ce que nous apprend l'étude en question est que ce qui importe pour le spectateur n'est pas la valeur de résolution de son écran, mais les pixels réellement perçus par sa rétine et ce, dans un contexte donné. À méditer...

La pellicule : un potentiel de détail élevé
La pellicule n’a pas de résolution native. Toutefois, de nombreux travaux et retours d’expérience convergent vers des équivalents numériques. Une pellicule 35 mm au format scope (2.35:1) serait généralement estimée entre 4K et 6K de détail exploitable, selon le négatif, l’optique et l’état du film. Ces valeurs sont consistantes avec les pratiques de restauration et de l’intermédiaire numérique (D.I.) où le 4K est considéré comme un point d’équilibre entre fidélité et rendement. Pour le 70 mm, la surface image plus importante permet de conserver davantage de micro-détails. Les estimations couramment admises situent le 70 mm standard autour de 10 à 12K, et le 70 mm Imax jusqu’à 16 à 18K dans des conditions idéales. Ces valeurs restent cependant très théoriques.

Update

BirdDog Connect compatible tally Atem BMD
BirdDog a publié une mise à jour de sa plateforme de production à distance Connect marquée par une intégration native du tally Blackmagic Design Atem. Désormais, les sources reçues à distance en NDI, SDI, HDMI ou ST-2110 peuvent être directement associées aux entrées du mélangeur avec un affichage automatique du tally lorsqu’elles passent en preview ou en programme. Cette intégration permet de s'affranchir de plug-,in, scripts ou matériels additionnels.
Cette version introduit également l’affichage de miniatures pour les flux NDI HX, facilitant l’identification rapide des sources actives, ainsi que de nouveaux profils d’encodage GPU pour les workflows SRT vers NDI HX, réduisant la latence tout en améliorant la qualité d’image et les performances globales.

Update

ProTools, nouvelles prises en charge
Avid a publié une mise à jour ProTools (2025.12). Celle-ci introduit notamment la prise en charge d’Audio Vivid, standard audio immersif piloté par IA pour mixer et positionner des objets sonores en 3D directement dans Pro Tools Studio et Ultimate. La version intègre aussi Bounce Factory Life, un outil automatisé de rendu de mixes et stems, ainsi que trois nouveaux plugins ARA. Parallèlement, cette release corrige de nombreux bugs et améliore la stabilité générale du logiciel.

Correctifs

Mises à jour Blackmagic Design
DaVinci Resolve Studio 20.3.1 • Cette mise à jour permet de chercher des effets en chinois, en japonais et en coréen, elle améliore les aperçus Fusion pour les outils Transform et Merge, et offre une meilleure intégration des métadonnées HDR10 ainsi qu’un meilleur monitoring 3D stéréoscopique.

Et pour les utilisateurs de DaVinci Resolve pour iPad, BMD sort la version 20.3 disponible sur l'AppStore Apple. Celle-ci apporte le rendu en arrière-plan sous iPadOS 26, des performances améliorées pour la réduction de bruit Resolve FX, ainsi qu’une gestion affinée des versions de timeline avec des noms personnalisés. Et parmi les autres nouveautés : la prise en charge de l’import et de l’export ALE des métadonnées du Media Pool, la prise en charge des broadcast safe 2.39 et 2.40, celle de l’alpha pour Film Look Creator, Film Damage et Analog Damage, et enfin comme à l'accoutumée, des améliorations générales de performances et de stabilité.


Blackmagic Camera 10.0 • Cette mise à jour prend en charge le pré-enregistrement, l’enregistrement audio à 4 canaux et de nouvelles commandes API Rest pour le contrôle caméra sur les Blackmagic Ursa Broadcast G2, Blackmagic Pyxis 6 et 12K. Elle améliore également les fonctionnalités Blackmagic Cloud ainsi que la compatibilité avec les objectifs B4 pour la Ursa Broadcast G2.

Atem Switchers 10.2 • Cette mise à jour permet le mappage des bus et la substitution des sources sur tous les Constellation HD 4K et 8K, ainsi que l’écrasement du tally par l’incrustation en aval et la désactivation du timecode sur toutes les sorties SDI. De plus, elle prend en charge l’espace colorimétrique Rec. 2020 et l’écrasement HDR sur tous les modèles Constellation HD. Elle améliore également la prise en charge du Constellation 4K Plus sur le Camera Control Panel et les Advanced Panel.


Desktop Video 15.3.1 • Cette mise à jour logicielle corrige divers bugs sur les modèles DeckLink, UltraStudio et Intensity, et apporte des améliorations générales visant à optimiser la stabilité et les performances.

SmartView 5.0.4 Cette mise à jour pour le moniteur SmartView 4K G3 offre des améliorations de performance générale et de stabilité.

Blackmagic Streaming 4.2 • Cette mise à jour améliore les performances audio du Blackmagic Streaming Encoder 4K et du Blackmagic Streaming Decoder 4K. 

Rendez-vous

L'agenda image 2026 
Paris Image Digital Summit - 21 au 24 janvier
  Centre des arts, 12-16, rue de la Libération, 95880 Enghien-les-Bains.
ISE - 3 au 6 février
  Fira Barcelona Gran Via, Barcelone, Espagne. 
MicroSalon AFC et journées de la postproduction - 5 et 6 février 
  Parc Floral de Paris, 75012.
Paris Image - 5 et 6 février - Parc Floral de Paris, 75012.
NAB - 18 au 22 avril - Convention Center, Las Vegas, États-Unis.
CineEurope Barcelona - 22 au 25 juin
  CCIB, 11-14 placa de W. Brandt, Barcelone, Espagne.
IBC - 11 au 14 septembre - Rai Amsterdam, Pays-Bas.
Satis - TBA, novembre - Dock Pullman - La-Plaine-Saint-Denis.

Projets scan

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